Gérald de Roquemaurel, président de Hachette Filipacchi Médias (HFM) : « On est en train de passer d'activités à fort chiffre d'affaires et faibles marges à des activités aux revenus plus faibles avec des marges plus fortes. »

Mais plus que d'économies substancielles, il s'agit bien là d'un virement stratégique. Le jeune public boude de plus en plus la presse écrite.

« L'éclairant exemple de l'industrie du disque rappelle que c'est à nous de nous adapter, pas à nos lecteurs qui nous attendent sur ces nouveaux modes de consommation », martèle Arnaud de Puyfontaine, le président de l'APPM.

Certes, pourtant un magazine comme Teen People est passé en trois ans de 500.000 à 1,6 millions d'exemplaires vendus (1998 à 2001). Depuis cinq ans, il "n'a perdu" que 150.000 lecteurs ! N'était-il pas un peu trop prématuré d'arrêter la version "papier" ? En lançant sa formule digitale, ElleGirl n'a pour l'instant séduit que 30.000 abonnés en trois mois (contre une diffusion presse de 601.000 exemplaires, en augmentation de 17%) !

Par ailleurs, le modèle tout digital pourrait avoir plus de mal à percer en Europe. D'une part parce que le marché est morcelé par les différents langues nationales, d'autre part parce que l'exemple de l'industrie du disque n'est peut être pas le plus habile sur notre continent. Dans les pays d'Europe du Sud, les plateformes légales de téléchargement ne percent pas. Seules l'Angleterre et l'Allemagne font figure de bons élèves ! Les DRM trop contraignants, qui rendent la musique jetable dès qu'on change d'ordinateur ou de baladeur, ou encore la prédominance de l'iPod, qui empêche l'émergence de solutions alternatives, le primat des singles sur les albums digitaux, qui baisse d'autant plus le panier d'achat moyen et bien entendu la concurrence des logiciels de peer-to-peer, qui encourage au piratage, sont autant de raisons qui freinent l'expansion de la musique numérique...

Article du Figaro